Sans transport, sans assurance, sans frais

Ghislain Mollet-Viéville

1992

“SANS TRANSPORT, SANS ASSURANCE, SANS FRAIS” est le titre d’une exposition qui proposait à tous ceux qui le désiraient d’actualiser dans divers lieux, des oeuvres de : Robert Barry, Sol LeWitt, Claude Rutault, Lawrence Weiner, Tania Mouraud… sans bourse déliée ! Une façon pour moi de prêter des œuvres de ma collection, qui sont interprétables par d’autres personnes que leurs auteurs. Elles ne demandaient aucune dépense pour leur exposition et ainsi offraient une alternative  aux expositions coûteuses et souvent fastidieuses à monter.

En tant qu’agent d’art, je propose des concepts qui remettent en question les principes sclérosants des exposition traditionnelles. J’estime que les amateurs d’art n’ont plus à être des “collectionneurs-légumes”. Au lieu d’être des observateurs béats devant les oeuvres d’art, ils peuvent légitimement se sentir le droit de participer à l’art, de concourir aux initiatives qui remettent en question la notion d’objets finis en art.

Dans cette optique nouvelle, l’art se présente sous une forme idéale : celle du concept. Aujourd’hui l’art tient moins à la nature conventionnelle de ses produits qu’à la façon dont il s’inscrit dans de nouveaux contextes. On inscrit ainsi l’art dans une réalité plus vaste, dont il dépend. Or ce qui m’intéresse dans mon rapport à l’art c’est bien cela : proposer toujours de nouveaux contextes pour dynamiser l’art et les différentes instances qui y sont rattachées generic xenical.

Aside

La Bibliotheque Fantastique

Par Antoine Lefebvre

 

La Bibliothèque Fantastique is an artist’s books virtual publisher. Our books are free and downloadable from the internet so that you can print them at home. Most of our books are exclusive productions. The others are reeditions of works who are free of any kind of rights. The purpose of LBF is to offer a view on books expressed by books themselves. Its works are made of excerpts of other works, with pages, sentences and words met in a stroke of good fortune.

La Bibliothèque Fantastique is a minimalist publisher in the sense that all the superfluous has been removed. Indeed, the books of LBF have no predetermined physical existence, they exist in a state of potentiality on the web, awaiting to become. They cost nothing, you can get them without spending a penny. They have no ISBN either, because they are works of art. They have no color, so that they can be printed in any printer. That’s what LBF books don’t have, which is almost more important than what they do, because our approach is conceived as a negative of that which is habitually proposed by the market spectacle society. The idea is to show various poetic singularities as opposed to the flashy commodities which our society feeds us.

What the LBF books do have is above all a great freedom of content, revealing a very large and global conception of art. They contain all forms of expression usually found in print, i.e., drawing and photographs, as well as essays, novels, journalistic investigations etc..

 

 

The covers of LBF books are invariably appropriated from existing sources, the published artists just select one and use it as a cover for their book. The author’s name is deleted and replaced by the name of the artist, the name of the original publisher is also cleared since the new book is no longer its property. The artist can also change the title of the book to enhance it. The content of the book is completely open, the artist develops it through the pages to meet his or her project. The books are produced with bits and pieces from other books, developing a discourse on the ontology of the book. This project seeks to examine the nature of the book by submitting it to the approaches similar to those used by minimalist artists to test the limits of painting and art. The purpose of LBF is to explore the boundaries of what is a book and and what is not.

La Bibliothèque Fantastique est une structure d’édition de livres d’artistes, dont les livres sont gratuits, sous licence art libre, et téléchargeables sur internet au format pdf, afin que tout le monde puisse les imprimer. La Bibliothèque Fantastique se pose dans une démarche de production d’œuvres d’art. La plupart de ses livres sont des créations originales, les autres sont des rééditions d’œuvres dont les auteurs ont choisi qu’elles soient libres de droits. La Bibliothèque Fantastique propose un discours du livre sur lui-même, ses livres sont faits de morceaux de livres épars, de pages, de phrases, de mots rencontrés par hasard.

 

Ce projet tire son nom de l’essai de Foucault intitulé La Bibliothèque Fantastique, dans lequel il propose une analyse du travail de Flaubert sur La tentation de Saint Antoine. Foucault entend l’expression « phénomène de bibliothèque », dans le sens où les tentations que subit Saint Antoine font systématiquement référence à des mythes et des mythologies du monde entier. Ce livre est donc réalisé à partir de livres, de mythes et de personnages empruntés, comme le dit Foucault, « tous les autres livres, rêvés, fragmentés, déplacés, combinés, éloignés, mis à distance par le songe, mais par lui aussi rapprochés jusqu’à la satisfaction imaginaire et scintillante du désir » . Flaubert pioche dans sa bibliothèque pour y trouver les mythes et autres histoires avec lesquels il construira les tentations de Saint Antoine, faisant intervenir des personnages connus de tous qui valent également pour la charge culturelle qu’ils représentent.

Ce livre invente son propre genre littéraire, de la même façon dont les artistes du vingtième siècle s’appliqueront à inventer leur propre médium, dans un rapport d’échange entre le fond et la forme. Pour Foucault, La tentation est une œuvre fondatrice, elle rend possible ce qui viendra après, c’est-à-dire l’esprit moderne. « Après, le Livre de Mallarmé deviendra possible, puis Joyce, Roussel, Kafka, Pound, Borges. La bibliothèque est en feu. »

La Bibliothèque Fantastique est une maison d’édition minimaliste dans le sens ou tout le superflu a été retiré. En effet, les livres de LBF n’ont pas d’existence physique prédéterminée, ils vivent à l’état de potentialité sur la toile, en attente de devenir. Ils n’ont pas non plus de prix vous pouvez vous les procurer sans débourser le moindre centime. Ils n’ont pas d’ISBN, car ce sont des œuvres d’art, pas de couleur n’ont plus, pour que l’on puisse les imprimer sur toutes les imprimantes sans exceptions.

 

Voilà ce que les livres de LBF n’ont pas, ce qui est quasiment plus important que ce qu’ils ont car cette démarche se construit comme un négatif de ce que nous propose habituellement la société spectaculaire marchande, et dans l’idée de montrer des singularités poétiques diverses, à l’opposé du tape-à-l’œil dont la société nous abreuve.
Ce que les livres de LBF ont, c’est avant tout une très grande liberté de contenu révélant une idée de l’art très large et englobante. On pourra donc trouver dans ces livres, toutes les différentes formes d’expression que l’on trouve habituellement dans les supports imprimés, c’est à dire du dessin, ou de la photographie, mais également des essais, des romans, des enquêtes journalistiques, etc.

Les livres de LBF présentent invariablement une couverture détournée de n’importe quel livre préexistant que l’artiste choisie pour en faire la couverture de son livre. Le nom de l’auteur est donc effacé pour être remplacé par le nom de l’artiste, le nom de la maison d’édition originale est également effacé car le nouveau livre ne lui appartient plus. L’artiste peut également modifier le titre du livre pour l’agrémenter à son goût. L’intérieur du livre est totalement libre, et l’artiste y développe à travers les pages un rythme qui sert son propos. Les livres produits sont faits de morceaux de livres, ils développent ainsi un discours sur l’ontologie du livre, ce projet cherche à interroger la nature de l’objet livre en la mettant en danger de la même manière que les artistes minimalistes ont cherchés à tester les limites de la peinture et de l’art, le but de LBF est d’explorer les frontières de ce qui est livre et ce qui ne l’est plus. Les artistes invités par LBF sont donc invités à apporter leur contribution à une réflexion sur le livre, à l’aide de la méthode de Flaubert mise en lumière par Foucault : « Elle ouvre l’espace d’une littérature qui n’existe que dans et par le réseau du déjà écrit : livre où se joue la fiction des livres. »

Tous les livres produits par La Bibliothèque Fantastique sont sous licence artlibre

pour nous contacter:
contact (at) labibliothequefantastique (point) net

JaZoN Frings V.F

JaZoN Frings est un artiste qui opère sous l’identité JaZoN Ex.(JZX^) dont il est le fondateur et le président. JZX est un système de notation construit à partir de sa vie. Il utilise les mécanismes de la cotation boursière pour réinterpréter l’idée de valeur et notamment transposer le marché boursier à une échelle humaine. Son travail dépossède l’économie d’une question qui lui était exclusivement réservée : l’interprétation des valeurs. JaZoN Frings a créé des instruments financiers inédits qui expriment la diversité de sa vie dans toute sa complexité :

une monnaie d’échange, des actions, des obligations.

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Quel est le rapport entre une plaque de chocolat et JaZoN Frings?

par Jacques Salomon (MJS Collection)

Tous les deux se dégustent en petits morceaux!

JaZoN Frings divise sa vie en petits morceaux: son corps, ses pensées, sa santé, sa famille, ses amis, ses loisirs, son appétit, ses amours, son intimité, ses rêves, ses distractions, ses voyages, ses humeurs… toutes suivies, jour et nuit, en temps réel. Continue reading

JaZoN Frings is,

Jazon Frings is an artist that operates under the identity of the JaZoN Ex. (JZX^), which he is the creator and president.
JZX is a system of notions that express the current state of his life. He uses different mechanisms from the financial world to reinterpret not only the idea of value itself, but how we can create art using it. His work robs the economy of the question thought to be its exclusive domain:
how to interpret value?
He has created financial instruments never before seen that express the diversity of life’s experiences in all their complexity:

monetary systems, stocks, investment funds, bonds, and more.

 

In turn the concept of finance is re-thought opening greater perspectives than its current status of a playground for a select few.
By putting into place his proper value systems he directly confronts the rational ideas of contemporary economics,
when life’s absurdities become the crucial point for determining value, more doesn’t always have to be better than less.

The aim of JaZoN’s work is to use value as expression,
therefore each of his creations have their own value systems and regulations, plus most function in real time
with an important place for public participation.